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Glossaire des aurores boréales

Kp, Bz, ovale, sous-tempête : les prévisions d'aurores emploient un vocabulaire particulier. Ce glossaire réunit les termes que vous croiserez le plus souvent, classés par ordre alphabétique et expliqués en quelques lignes.

De A à E

Arc auroral : bande lumineuse, souvent verte et immobile, qui traverse le ciel d'est en ouest. C'est fréquemment la première forme visible d'une soirée.

Aurore australe : le même phénomène dans l'hémisphère sud, visible depuis la Tasmanie, le sud de la Nouvelle-Zélande ou l'Antarctique.

Aurore boréale : lumière émise par la haute atmosphère lorsque des particules venues de la magnétosphère heurtent l'oxygène et l'azote.

Aurore diffuse : lueur faible et sans forme nette, souvent visible seulement en photo, qui couvre une partie du ciel.

Aurore pulsante : taches lumineuses qui s'allument et s'éteignent toutes les quelques secondes, fréquentes en fin de nuit après une sous-tempête.

Azote : gaz responsable des teintes bleues, violettes et du liseré rose au bas des draperies.

Balance des blancs : réglage de l'appareil photo qui fixe le rendu des couleurs. Autour de 3 500 à 4 000 K, l'aurore garde des tons naturels.

Bz : composante nord-sud du champ magnétique du vent solaire. Négatif, c'est-à-dire orienté au sud, il favorise l'arrivée d'énergie et les aurores.

Champ magnétique interplanétaire : champ magnétique transporté par le vent solaire. Son orientation, résumée par le Bz, conditionne la force de la tempête.

Couronne : forme d'aurore observée juste au-dessus de soi, où les rayons semblent converger vers un point au zénith. Spectacle typique d'une nuit active sous l'ovale.

Cycle solaire : alternance d'environ onze ans entre minimum et maximum d'activité solaire. Le cycle 25 a culminé vers la fin de 2024.

Draperie : aurore en forme de rideau plissé, qui ondule parfois rapidement lors des phases actives.

Échelle G : classement des tempêtes géomagnétiques par la NOAA, de G1 (Kp 5) à G5 (Kp 9).

Éjection de masse coronale : nuage de plasma expulsé par le Soleil, qui atteint la Terre en un à trois jours et peut provoquer une forte tempête.

Éruption solaire : brusque libération d'énergie à la surface du Soleil. Elle accompagne souvent une éjection de masse coronale, sans en être la cause directe des aurores.

De I à P

Indice Kp : mesure de l'agitation du champ magnétique terrestre sur trois heures, de 0 à 9, découpée en tiers (5-, 5o, 5+). Plus il est élevé, plus l'aurore descend vers le sud.

Ionosphère : couche ionisée de la haute atmosphère, entre environ 60 et 1 000 km, où se forment les aurores.

Kp nécessaire : niveau de Kp à partir duquel l'aurore devient visible depuis un lieu donné. Environ 2 à 4 à Tromsø ou Rovaniemi, 8 à 9 en France à l'œil nu (6 à 7 en photo).

L1 : point d'équilibre entre la Terre et le Soleil, à environ 1,5 million de kilomètres, où des satellites mesurent le vent solaire avec 30 à 60 minutes d'avance.

Latitude magnétique : latitude mesurée par rapport au pôle magnétique. Elle explique pourquoi le Québec voit plus d'aurores que la France à latitude géographique égale.

Magnétosphère : bulle formée par le champ magnétique terrestre, qui dévie le vent solaire et stocke l'énergie libérée ensuite en aurores.

Nuit polaire : période où le soleil ne se lève plus, à Tromsø de fin novembre à mi-janvier environ. Le ciel reste cependant éclairé quelques heures en milieu de journée.

Ovale auroral : anneau autour du pôle magnétique où les aurores sont les plus fréquentes. Il s'élargit vers le sud quand l'activité augmente.

Oxygène : gaz à l'origine du vert, à 557,7 nm entre 100 et 250 km, et du rouge, à 630 nm au-dessus de 200 km.

Pollution lumineuse : éclairage artificiel qui éclaircit le ciel nocturne. Elle efface d'abord les aurores faibles, d'où l'intérêt de s'éloigner des villes.

De R à V

Récurrence de 27 jours : retour d'un même trou coronal face à la Terre après une rotation solaire, qui peut ramener une activité similaire quatre semaines plus tard.

Revontulet : nom finnois de l'aurore, les « feux du renard », tiré d'une légende où un renard fait jaillir des étincelles en balayant la neige.

STEVE : ruban mauve étroit observé à des latitudes plus basses que l'ovale lors de certaines nuits actives. Il ne s'agit pas d'une aurore au sens strict.

Sous-tempête : brusque libération d'énergie dans la magnétosphère, qui fait s'intensifier et danser l'aurore pendant dix à trente minutes.

Taches solaires : zones sombres de la surface du Soleil, liées à des champs magnétiques intenses. Leur nombre sert à suivre le cycle solaire.

Tempête géomagnétique : perturbation forte du champ magnétique terrestre, à partir de Kp 5. Celle du 10 mai 2024 a atteint Kp 9.

Trou coronal : zone ouverte de l'atmosphère solaire d'où s'échappe un vent rapide, source fréquente de tempêtes modérées.

Vent solaire : flux continu de particules chargées émises par le Soleil. Au-delà de 500 km/s, il devient favorable aux aurores.

Vision nocturne : adaptation de l'œil à l'obscurité, qui demande une vingtaine de minutes et disparaît en un instant devant une lumière blanche.

Questions fréquentes

Quelle différence entre Kp et échelle G ? Les deux décrivent la même chose. L'échelle G de la NOAA ne commence qu'à Kp 5, pour qualifier les tempêtes : G1 correspond à Kp 5, G5 à Kp 9.

Pourquoi parle-t-on de latitude magnétique ? Parce que les aurores suivent le pôle magnétique, décalé vers le Canada. C'est ce qui place l'Abitibi ou la Côte-Nord plus près de l'ovale que Paris, pourtant à une latitude proche.

Quels termes regarder en priorité dans une prévision ? Le Kp attendu, comparé au Kp nécessaire de votre lieu, puis le Bz et la vitesse du vent solaire en soirée. La couverture nuageuse reste le dernier mot.

Dernière vérification : 16 octobre 2026